26 janvier 2012

La loterie de la vie

La vie peut être un cauchemar qui ne semble jamais se terminer, bien que l'on se crois heureux de ce que l'on a, comme ce fût le cas les vingt-six premières années de ma vie. J'ai souvent penser mettre fin à ce désastre que je provoquais et que je m’obstinais à mettre sur la faute des autres. Personne n'aime s'avouer que l'on est responsable de notre malheur, mais dans le fond, c'est la faute à personne. Les chose arrivent; c'est tout. C'est ce que l'on appelle le destin. C'est ce que l'on appelle la vie.


Mon existence avait pourtant bien commencer; j'ai survécu à ma naissance. J'ai été chanceux. Je suis né dans une famille qui arrivait à me nourrir. J'avais un père, une mère, une sœur et un frère. J'ai eu de la chance au départ. Ma malchance à commencer le jour où j'ai voulu changer les choses. Le fait d'être insatisfait de ma vie, déjà à l'âge de cinq ans, m'a suivi toute ma vie. Je n'ai cessé d'attirer les désastres depuis.


La séparation de mes parents : je m'y tenais responsable, comme n'importe quel enfant de huit ans. Les disputes avec mon frère, qui ne sont toujours pas terminées malgré toutes ces années, ne venaient pas uniquement de lui; il voulait seulement l'attention de son frère. Je n'ai toujours pensé qu'à mon bonheur et de ce fait, j'ai rendu mon existence misérable.


J'avais tout dans mes mains : un talent fou et une intelligence remarquable, mais j'ai préféré m'apitoyer sur mon sort, comme n'importe quel enfant perturbé par le déchirement d'une famille. J'aurais pu être bien plus apprécié à l'école, mais j'avais beaucoup trop de haine pour laisser entrer quelqu'un dans ma bulle. J'avais besoin d'aide à cause de la malchance que je n'ai jamais eu. J'avais besoin d'aide pour m'ouvrir les yeux.


Quand on me l'a enfin offert, j'ai laissé couler. L'inertie remplaça l'enfermement sur soi. Tous ont cru qu'ils m'avaient sauvé, du moins l'espéraient. J'ai pu survivre en ne faisant que le minimum. Jusqu'au jour où les choses se compliquèrent, j’atteignais le fond du barri. À force d'encaisser sans riposter, on accumule de la colère. Toujours plus de colère. J'avais trop de moral pour y succomber, alors mon corps m'en a brouiller les yeux. Je paniquais à la vue de ces tâches noirs qui cachait la réalité que je croyais perdre.


Évidement suite à cela, l'école a fait ce qu'il fallait pour me sauver; provoquer le rejet de ma mère à cause de mon insatisfaction de notre vie familiale. Moi qui croyait pouvoir sauver mon frère et ma sœur aussi, je n'ai réussi qu'à me faire rejeter par tout le monde. Me voilà donc seul, innocent et coupable à la fois, dans une famille accueillante mais qui n'est pas la mienne avec ces jeunes qui sont tous plus dépravés et abandonnés les uns que les autres.


Je croyais pouvoir me faire aimer davantage ici, mais comment aimer une personne lorsque l'on a aucune idée de qui il est, dans un monde où il faut se méfier de tout et que personne ne vous a jamais aimé ? Bref, en voulant me faire accepter, je n'ai réussi qu'à me faire influencer dans la déchéance : drogue, alcool, vandalisme et vol... Pour un adolescent qui voulait être parfait, dans une famille parfaite, c'était raté!


Pour m'en sortir, j'ai essayer de faire ce qu'on attendait de moi; faire comme tout le monde; être un mouton qui suit le troupeau vers l'abattoir. On m'a donné l'opportunité d'apprendre en travaillant dans des milieux qui me plaisaient, j'ai abandonné par orgueil, ne voulant pas admettre que j'avais tord, que les patrons ont le droit de nous obliger à faire ce qu'ils veulent car nous sommes leurs employés. Ce n'est qu'une aberration que je ne comprenais qu'à moitié.


À travers tout ça, j'ai évidement voulu exploité mes talents, mais à chaque fois où je commençais à réussir, à me démarquer, je quittais les lieux; fuyant la gloire que je ne méritais pas, comme j'ai fuit les femmes que j'ai aimé. De toute apparence, ce n'était pas fait pour moi. Cette vie n'était pas faite pour moi. Je croyais avoir perdu à la loterie de la vie. Je fis, donc pour la première fois, ce que je rêvait de faire depuis l'âge où j'ai détruit ma vie. C'était ça ou la mort. Ou était-ce une manière de dire au revoir au monde qui me détruisait ? Partir en beauté, c'est le rêve de tout homme d'ambition.


Sur ce chemin nouveau, j'appris à redécouvrir la vie; j'apprenais enfin à vivre. On aurait dit une résurrection. Une résurrection qui me reconduisait à mon point de départ : l'enfer que j'ai créé. C'était à croire que mon destin était seller. Même dans mes moments les plus heureux, je devais me saboter; moi-même n'était désormais plus important à mes yeux d'égoïste. Maintenant, c'était la négligence qui prenait, insidieusement, le contrôle de ma vie. Ha, la traîtresse ! Une autre qui m'abandonne, mais cette fois, c'est en m'empoissonnant l'existence; m’asphyxiant lentement pour me faire souffrir jusqu'à la mort. C'était officiel : j'étais mon propre ennemi et le pire, même plus que je le croyais.


Puis, il y a eu un moment d'espoir, une femme, la première à vraiment m'aimer pour tout ce que je suis. Étrangement, je n'y était pas beaucoup plus heureux, mais qu'en à être suicidaire aussi bien l'être avec une personne qui peut vous faire oublier, l'espace d'un moment, la souffrance que j'endurerais au moment choisi. Ou était-ce parce que je croyais qu'il y avait encore de l'espoir ? Peu importe le pourquoi, cette fois-ci, c'était pour une bonne raison; je l'aimais et je voulais que nous en profitions avant qu'il soit trop tard.


Bien entendu, l'année de la lune de miel passée, les choses reprenaient leur cour normal; le mal renaissait des cendres encore chaudes, tel le Phénix des légendes. J'étais prêt à mourir, pour qu'elle ne souffre pas de moi, mais fait ironique, si je m'éteignais, elle ne le serait plus jamais... et avec personne. J'étais dans une impasse, une terrible impasse. Je devais mettre fin à la partie, une bonne fois pour toute; en sortir vainqueur. Les dés étaient jetés.


J'entrevis une carte que je n'avais jamais pris en considération dans mon jeu, le joker. Jouer un tour à la chance, lui voler la partie avec la carte sortie de prison; me perfectionner dans un milieux prometteur : la technologie. En tout cas, ce fût mon idée de départ, mais comme d'habitudes les choses ne se sont pas passées comme prévus; j'avais encore des chaînes aux pieds, les fantômes de mon passé me retenaient sur place continuellement. Alors, je doublais d'effort jusqu'à en être mort d'épuisement et m'endormis. Dormis, comme jamais avant; me laisser aller pour voir ou cela me mènera. Voyant le temps passé, je réfléchis. Après tout, c'est la seule chose que j'avais pour m'occuper : penser, analyser, trouver l'erreur dans le contrat. Je revis tout ce que j'ai fait dans ma vie, résumer tout à un mot : combattre. Je crois que cela à été ma plus grosse maladresse; me battre contre moi même, contre la vie, contre le destin.


J'ai toujours su que je suis quelqu'un de bien et le fait d'avoir peur de moi-même me sembla tout d'un coup absurde. Je ne comprenais plus pourquoi j'en faisais une tempête dans un verre d'eau. Les choses ne semblaient plus les mêmes et je ne voyais plus trop comment je m'en étais sorti avec si peu de blessures. Puis j'ai réalisé que ce combat était en fait ma guérison lente et douloureuse de mon incompréhension du monde. J'ai, donc, continuer à analyser tout, comme j'aimais si bien le faire, comme j'ai toujours aimé le faire et surtout en trouver les solutions. J'en ai toujours eu le potentiel, mais je ne m'en donnais pas la chance; je savais que j'avais le billet gagnant et j'avais peur de récolter le prix de peur de le perdre... on joue pour s'amuser; on vie pour s'amuser. La vie est la loterie à laquelle on perds uniquement si on a peur de perdre.